La France a décidé que les solutions de Palantir, utilisées notamment par la DGSI (Direction générale des services de renseignement intérieurs), seront remplacées à l'avenir par des solutions nationales.
Graphique PLTR.US (D1)
Ce n’est pas le seul facteur, mais c’est le principal moteur de la baisse de Palantir, dont le titre a perdu environ 8% lors de la séance de mardi. L’action se situe désormais à 40% en dessous de son plus haut niveau.
Un précédent dangereux
Pour l’entreprise, cette nouvelle est très défavorable, non pas parce qu’une seule agence française a l’intention de cesser d’utiliser ses solutions. Le problème de valorisation est double :
- D'une part, il s'agit de l'une des premières mesures majeures et significatives visant à rendre la sécurité européenne indépendante des solutions numériques américaines. Le cas particulier de la France et de Palantir montre que, même dans des domaines où les « avantages concurrentiels » et les barrières à l'entrée sont considérables, les pouvoirs publics n'hésitent pas à assumer les risques et les coûts liés au passage à leurs propres solutions. Compte tenu de la nature controversée de l’entreprise et de la politique étrangère des États-Unis, qui inspire de moins en moins confiance, la France pourrait devenir le chef de file qui entraînerait le reste de l’Europe dans un processus de désengagement vis-à-vis des solutions de l’entreprise, et une telle évolution serait dévastatrice pour les valorisations.
- Deuxièmement, l’entreprise destinée à remplacer Palantir est ChapsVision, une société en pleine croissance disposant d’une gamme impressionnante de solutions, mais qui reste pourtant loin derrière Palantir sur la plupart des indicateurs financiers. Si ChapsVision parvenait à fournir une solution répondant aux normes de la DGSI, cela constituerait un signal clair indiquant que les prix et les marges dont bénéficie Palantir ne sont pas justifiés.
De l’huile sur le feu
- La nouvelle est venue s’ajouter à un climat de confiance déjà très fragile parmi les investisseurs de l’entreprise. Cleveland Research a publié un rapport au ton clairement négatif concernant la valorisation de l’entreprise, soulignant un sentiment « en deçà des attentes » parmi ses partenaires.
- De plus, Michael Burry, une fois de plus, ainsi qu’un certain nombre d’autres analystes, se sont également exprimés négativement à l’égard de l’entreprise, soulignant par exemple un taux de croissance et des multiples de valorisation non viables.
- La confiance des investisseurs n’est pas renforcée par le fait que des membres de la direction de l’entreprise vendent d’importants volumes d’actions juste avant la publication des résultats. Il convient de noter que ce n’est pas la première fois, et que ces ventes n’ont pas toujours précédé des baisses, mais il est difficile d’échapper à des questions difficiles.
- Le sentiment n’est toutefois pas unanime. Les analystes d’Oppenheimer et de Baird restent ouvertement confiants dans leurs thèses haussières concernant la société.
Climat de marché
Toutes ces nouvelles sont préoccupantes et affectent sensiblement le cours de l’action. La réunion de la Fed, devenue une inconnue depuis l’arrivée de K. Warsh à sa tête, pèse sur l’ensemble du marché.
Palantir est une entreprise particulièrement sensible à la fragilité du marché en raison de ses ratios de valorisation extrêmes. Avec des multiples aussi élevés que ceux de Palantir, même de légères révisions à la baisse ou des résultats décevants entraînent des vagues de ventes massives, car une variation minime aujourd’hui a un impact considérable sur la valeur cible de l’entreprise.
La société publiera ses résultats le 3 août, après la clôture de Wall Street.
- Le marché s'attend à ce que le bénéfice par action (BPA) s'élève à 0,34 dollar et que le chiffre d'affaires atteigne 18,1 milliards de dollars.
- Les marges, la composition de la clientèle et les prévisions pour les prochains trimestres seront également des éléments clés.
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