09:38 · 8 septembre 2026

Graphique du jour : le blé rebondit de 3% après avoir reculé par rapport à ses plus hauts niveaux depuis plusieurs années 📈 La reprise va-t-elle se poursuivre ?

Les contrats à terme sur le blé de Chicago (WHEAT) ont progressé de plus de 3% aujourd’hui, les investisseurs anticipant une baisse plus durable de l’offre dans le contexte de la guerre en cours entre l’Ukraine et la Russie, les deux camps s’attaquant aux exportations et perturbant les principaux axes logistiques.

  • Malgré les visites des diplomates américains Witkoff et Kushner à Moscou et à Kiev, les espoirs de progrès diplomatiques dans la guerre russo-ukrainienne se sont une nouvelle fois révélés éphémères. Les baisses observées ces derniers jours ont incité certains à prendre leurs bénéfices, car un éventuel accord aurait pu permettre la reprise des exportations de céréales via la mer Noire.
  • La perspective d’une reprise des négociations avait elle-même réduit une partie de la prime de risque géopolitique, mais celle-ci revient désormais progressivement, les pourparlers semblant être dans l’impasse et n’ayant pas abouti à une avancée significative.
  • Moscou a suspendu les droits à l’exportation sur le blé, l’orge et le maïs jusqu’à fin 2026 afin de réduire les coûts des exportateurs et de rendre les itinéraires d’exportation alternatifs plus rentables. Toutefois, les contraintes de capacité ferroviaire et portuaire persistent. Ces goulets d’étranglement continuent de limiter les volumes d’expédition et d’alimenter les inquiétudes concernant l’approvisionnement mondial.

Graphique du BLÉ (intervalle D1)

Au cours des dernières séances, une pression à la vente sur le blé s’est manifestée sur toutes les principales places de marché des matières premières, des États-Unis au MATIF français. Le recul, après que le blé eut atteint des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis février 2023, ne pouvait qu’être brutal. Après le jour férié d’hier aux États-Unis, les opérateurs du CBOT reviennent sur le marché et rachètent du blé après une baisse d’environ 10%.

À l’heure actuelle, la zone de soutien clé semble se situer autour de 730 cents le boisseau, tandis que la résistance se situe près de 790-795 cents le boisseau, d’après l’évolution des cours. En dessous de ce niveau, une zone de soutien importante pourrait se situer autour de 700-710 cents le boisseau, où nous avons également observé des réactions de prix significatives par le passé.

Le blé se négocie actuellement à environ 20% au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle (EMA) à 200 jours, une situation historiquement relativement rare qui laisse entrevoir une tendance haussière très dynamique. Les volumes de vente ont clairement dominé lors des dernières séances. Le RSI s’est raffermi autour de 60, tandis que le MACD affiche un croisement potentiellement baissier de ses moyennes mobiles.

Source: xStation

Qu’a révélé le dernier rapport « Commitment of Traders » (CoT) concernant le marché du blé ?

Le dernier rapport CoT sur le blé de Chicago met en évidence une divergence marquée entre le positionnement des producteurs et celui des capitaux spéculatifs. Les « Managed Money », qui représentent les grands spéculateurs, se sont fortement orientés vers les positions longues au cours de la semaine, tandis que les « Commercials », en particulier les producteurs/négociants – qui constituent la part la plus importante de la catégorie commerciale –, ont considérablement accru leur exposition aux positions courtes.

Il est important de noter que cette évolution s’est accompagnée d’une hausse de 27 029 contrats de l’intérêt ouvert, qui a atteint 470 560 contrats, ce qui suggère que de nouveaux capitaux ont fait leur entrée sur le marché, plutôt que cette évolution ne soit uniquement due à la liquidation de positions existantes.

Les « Managed Money » détiennent actuellement 109 614 contrats longs contre 94 710 contrats courts, ce qui laisse le groupe avec une position nette longue d’environ 14 900 contrats. Une semaine plus tôt, les fonds affichaient encore une position nette courte d’environ 2 200 contrats. Cela signifie que leur position nette s’est améliorée d’environ 17 100 contrats au cours de la semaine.

La structure de ce mouvement est encore plus révélatrice : les fonds ont augmenté leurs positions longues brutes de pas moins de 22 113 contrats tout en réduisant simultanément leurs positions courtes de 6 388 contrats. Cela indique un véritable nouveau positionnement en vue d’une hausse des prix, plutôt qu’un simple recouvrement de positions courtes.

Les opérateurs commerciaux se positionnent à l’opposé. Les producteurs/négociants détiennent actuellement 42 440 contrats longs et pas moins de 144 846 contrats courts, ce qui les laisse avec une position courte nette d’environ 102 400 contrats. Une semaine plus tôt, leur position courte nette s’élevait à environ 79 800 contrats, ce qui signifie que leur exposition nette négative a augmenté d’environ 22 600 contrats en seulement une semaine.

Le changement est très net : les opérateurs commerciaux ont réduit leur exposition longue de 8 545 contrats tout en ajoutant pas moins de 20 413 nouvelles positions courtes. Les producteurs et les négociants profitent donc des niveaux de prix élevés actuels pour couvrir leurs ventes futures.

Cela signifie que les grands spéculateurs tablent de plus en plus sur un scénario haussier, tandis que les acteurs physiques du marché vendent massivement pour profiter de la remontée des cours. La forte augmentation des positions courtes des opérateurs commerciaux est également un signal d’alerte indiquant que la hausse des prix attire une offre de couverture naturelle de plus en plus importante.

Source: CFTC, Commitment of Traders, September 1

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